Par Martin Graham
Lors de la Coupe du monde de cet été, les footballeurs pourraient être expulsés s'ils se couvrent la bouche lorsqu'ils parlent pendant des altercations avec leurs adversaires, suite à l'approbation par les législateurs de deux modifications de règles soutenues par la FIFA lors d'une réunion spéciale du Conseil international de l'Association de football à Vancouver mardi.
Les mesures actualisées, acceptées comme règles de compétition facultatives par l'IFAB, visent également les joueurs qui quittent le terrain pour contester les décisions arbitrales. La FIFA a déjà confirmé que ces deux changements seront appliqués lors de la prochaine Coupe du monde.
Cette décision fait suite à une inquiétude croissante concernant les échanges verbaux dissimulés lors d'incidents tendus, les autorités estimant que les propos voilés peuvent rendre les injures plus difficiles à détecter et à sanctionner.
L'affaire Prestianni a mis en lumière la question du port du masque.
Le débat sur les joueurs qui dissimulent leur voix s'est intensifié en février lors d'un match de Ligue des champions lorsque l'ailier de Benfica, Gianluca Prestianni, a relevé son maillot sur sa bouche alors qu'il parlait à un joueur du Real Madrid. Vinicius Jr.
Prestianni, initialement suspendu pour un match suite à des accusations d'insultes racistes, a ensuite fait l'objet d'une enquête de l'UEFA et a été reconnu coupable de comportement homophobe. Il a écopé d'une suspension de six matchs, dont la moitié avec sursis.
La controverse a suscité des discussions lors de l'assemblée générale annuelle de l'IFAB au Pays de Galles plus tard ce mois-là, où les membres ont convenu de réexaminer la question avant la réunion du Conseil de la FIFA au Canada.
Infantino soutient une sanction stricte comme moyen de dissuasion.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a fermement soutenu cette position plus stricte, arguant que le fait de dissimuler des propos laisse supposer qu'un joueur tente de cacher des remarques inacceptables.
Il a déclaré que si une personne se couvre la bouche et que ses propos ont des conséquences racistes, elle devrait être licenciée. Infantino a ajouté qu'il fallait partir du principe qu'un langage inapproprié avait été utilisé, sinon il n'y aurait aucune raison de dissimuler ce qui avait été dit.
Malgré la formulation plus ferme, les arbitres conserveront l'entière autorité pour juger chaque incident individuellement et décider si un carton rouge est approprié en fonction des circonstances.
Des manifestations de débrayage ont également été visées après la controverse de la finale de la CAN.
Ce deuxième amendement fait suite aux scènes chaotiques survenues lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal, lorsque les joueurs sénégalais ont quitté le terrain et sont retournés aux vestiaires pour protester contre un penalty accordé au Maroc.
Une fois le match repris, Brahim Diaz a tenté un penalty à la Panenka, mais le gardien Edouard Mendy l'a arrêté, et le Sénégal a initialement remporté la victoire 1-0.
La CAF a toutefois annulé le résultat, déchu le Sénégal de son titre et accordé la victoire au Maroc (3-0). Selon la nouvelle règle, les joueurs ou les officiels d'équipe qui incitent à quitter le terrain en cours de match pourraient être exclus, tandis que l'équipe responsable de l'abandon d'une rencontre serait généralement déclarée forfait.
