Liam Rosenior Le limogeage de mercredi était, en soi, presque prévisible. Une série de cinq limogeages consécutifs. Premier League Une série de défaites sans marquer le moindre but – la pire du club depuis 1912 – allait forcément coûter cher à un entraîneur de 41 ans, moins de quatre mois après sa prise de fonction. Ce qui est bien plus difficile à prédire, c'est la suite des événements. ChelseaCar le problème de fond à Stamford Bridge n'est pas l'entraîneur. C'est l'absence d'une voix cohérente au-dessus de lui.
Cent jours qui se sont déroulés en un clin d'œil
Rosenior a été embauché en janvier. Strasbourg, le club français appartenant à BlueCo, avec un contrat de cinq ans et demi. Il est arrivé pour succéder à Enzo Maresca, porteur d'une identité claire : un football progressif, basé sur la possession et la formation des jeunes, le même modèle que celui imposé par le conseil d'administration depuis sa prise de fonction en 2022. Pourtant, dès avril, il a été pris à partie par des supporters visiteurs lors d'un match à BrightonIl s'en est pris publiquement à ses propres joueurs lors de l'interview d'après-match et a assisté, impuissant, depuis le banc de touche, à la chute de Chelsea à la septième place du classement, à sept points de la cinquième place. Liverpool Il reste cinq matchs à jouer. Il devient le cinquième entraîneur permanent à perdre son poste sous une direction américaine en moins de quatre ans.

Les précédents entraîneurs principaux de Chelsea ont été embauchés pour être licenciés.
Une base de fans qui a cessé d'écouter
Le communiqué du club promettait « une période d'introspection pour trouver le bon entraîneur à long terme ». Au vu des quatre précédentes introspections, cette phrase sera accueillie avec un scepticisme las par les supporters de Stamford Bridge. Des manifestations contre BlueCo ont eu lieu avant la défaite à domicile face à Manchester United, et les chants à Brighton visaient autant la direction que le banc de touche. Les supporters sont las d'un modèle multiclubs qui considère Chelsea comme le fleuron d'un réseau plutôt que comme une institution unique, avec ses propres traditions et exigences.
L'intérim McFarlane et ce qui en dépend
Et maintenant ? Calum McFarlane, l'entraîneur des moins de 21 ans, assure l'intérim pour la deuxième fois cette saison – il avait déjà pris la relève après le limogeage de Maresca – et a déjà mené l'équipe en finale de la FA Cup. Ce parcours en coupe, ainsi que quatre matchs de championnat éprouvants contre Nottingham Forest, Liverpool, Tottenham et Sunderland, marqueront les esprits durant cette saison. Selon les estimations de Sky Sports, une non-qualification pour la Ligue des champions coûterait au club au moins 80 millions de livres sterling, compliquerait davantage la recherche d'un sponsor principal pour le maillot et pèserait encore plus lourd sur des comptes qui affichaient déjà une perte de 262 millions de livres sterling lors du dernier rapport.
Une recherche sans liste restreinte
C’est au niveau du poste de directeur sportif que le vide stratégique se fait le plus sentir. Selon plusieurs sources crédibles, Chelsea n’a pas de liste restreinte ni de cible prioritaire. Le comité de direction sportive, composé de cinq membres – Paul Winstanley, Laurence Stewart, Joe Shields et d’autres travaillant sous la direction du copropriétaire Behdad Eghbali – privilégierait les prises de contact aux négociations. Andoni Iraola, qui quittera Bournemouth cet été, est le favori des parieurs et est « très apprécié » par Eghbali. Marco Silva, de Fulham, en fin de contrat en juin, est une autre option sérieuse. Xabi Alonso, récemment libéré par le Real Madrid, a également été mentionné, tout comme Oliver Glasner, Niko Kovac, Cesc Fabregas et, peut-être avec une pointe de malice, Antonio Conte.
La structure, pas le nom
Les noms importent moins que la structure qui les accueillera. Le succès d'Iraola à Bournemouth reposait sur une autonomie relative qui n'existe tout simplement pas à Chelsea. Tout nouvel entraîneur devra rendre des comptes à une hiérarchie sportive d'une ampleur et d'une complexité inhabituelles, travailler avec l'effectif le plus jeune de Premier League, hériter d'un vestiaire divisé et composer avec des supporters dont la patience envers le projet BlueCo est à bout. Le risque, de toute évidence, est que celui qui acceptera le poste suive les traces de Rosenier, Maresca, Mauricio Pochettino et Graham Potter et se retrouve dans la même impasse.
Modifier la mauvaise variable
Le club insiste sur le fait que son équipe dirigeante ne subira pas de remaniement majeur cet été. C'est là, plus que toute nomination individuelle, le signal d'alarme. Cinq entraîneurs en quatre ans laissent penser que le changement opéré se porte sur le mauvais élément. Rosenior, à tous égards, disposait d'un profil idéal – football de possession, formation des jeunes, expérience strasbourgeoise sous la même direction – et a pourtant échoué en moins de cent jours. Si la structure et la stratégie restent inchangées, l'arrivée d'Iraola, de Silva ou d'Alonso ne changera probablement pas la donne.
La question à laquelle BlueCo n'a toujours pas répondu
Ce dont Chelsea a le plus besoin, plus encore qu'un entraîneur, c'est d'une réponse claire quant à son ambition : devenir un centre de formation rentable, un habitué de la Ligue des Champions, un prétendant aux trophées, ou une combinaison improbable de ces trois objectifs. Tant que cette question ne trouvera pas de réponse honnête, chaque nouvelle nomination ne sera qu'une nouvelle tentative, menée avec un entraîneur différent. Le limogeage de Rosenier a certes donné du répit à BlueCo, mais pas une nouvelle direction. Et cette distinction, les supporters de Stamford Bridge la comprennent désormais mieux que les dirigeants de Cobham. Quiconque franchira cette porte cet été devrait se demander, avant toute signature, ce qui a réellement changé depuis janvier, depuis l'été dernier, depuis Potter, depuis Pochettino. Une réponse sincère déterminera si cette nomination sera la bonne, ou simplement la dernière d'une longue série.

