Tirage de cheveux et cartons rouges : cohérence ou abus de pouvoir ?

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Par Martin Graham

 

Pour la énième fois cette saison, un entraîneur de Premier League a réagi avec colère à une expulsion pour avoir tiré les cheveux d'un adversaire. Cette fois-ci, il s'agissait de Manchester United le patron Michael Carrick, qui a qualifié Lisandro Martinez carton rouge contre Leeds United comme une « décision choquante ». Plus tôt dans la campagne, Everton L'entraîneur David Moyes avait qualifié de « ridicule » l'expulsion similaire de Michael Keane contre les Wolves.

Malgré la controverse, les décisions prises dans de telles situations sont restées cohérentes. Dès qu'une preuve manifeste de tirage de cheveux est établie, l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) intervient et qualifie l'acte de comportement violent, entraînant une suspension de trois matchs. Cette interprétation stricte a de fait instauré une approche uniforme, quel que soit le contexte.

Le tournant s'est produit en août 2022 lorsque Cristian Romero, de Tottenham, a tiré les cheveux de Marc Cucurella, de Chelsea, sans être sanctionné, la VAR ayant choisi de ne pas intervenir. Cet incident a marqué un tournant décisif : désormais, tout tirage de cheveux avéré entraînerait un carton rouge. Le responsable de l'arbitrage, Howard Webb, a par la suite réaffirmé cette position, précisant que si le même incident se reproduisait, la sanction resterait inchangée.

Depuis, des incidents similaires se sont produits, notamment des expulsions concernant Jack Stephens de Southampton et des sanctions a posteriori dans des compétitions sans VAR. Si les preuves sont parfois insuffisantes – comme dans le cas potentiel de Kenny Tete de Fulham –, lorsqu'elles sont suffisantes, la décision est restée sans appel.

Punition versus infraction

Pour les entraîneurs, la principale source de frustration n'est pas seulement le carton rouge lui-même, mais aussi la suspension automatique de trois matchs qui s'ensuit. En Angleterre, les comportements violents et les fautes graves sont sanctionnés de la même manière, quelle que soit la nature de l'infraction.

Cela crée des situations où des actions très différentes sont sanctionnées de la même manière. Un coup de tête, un tacle dangereux et un tirage de cheveux relativement anodin sont tous traités de la même façon selon les règles actuelles. Moyes a contesté la suspension de Keane, la jugeant excessive, mais une commission de la FA a confirmé la décision, renforçant ainsi le cadre réglementaire existant.

Carrick pourrait envisager un appel similaire pour Martinez, mais compte tenu de la constance des décisions, le succès semble improbable. Par ailleurs, des décisions contradictoires rendues ailleurs – comme dans le cas de Katie McCabe d'Arsenal, qui a échappé à l'exclusion pour un incident comparable – n'ont fait qu'accroître la confusion parmi les supporters et les entraîneurs.

D'autres ligues infligent souvent des suspensions initiales plus courtes, avec la possibilité de les prolonger en fonction de la gravité de la faute. À l'inverse, l'approche fixe de la Premier League laisse peu de place à la nuance, alimentant les débats sur la pertinence de la sanction par rapport à la faute.

Pourquoi l'arrachage de cheveux est considéré comme un comportement violent

De nombreux fans ont du mal à accepter que l'arrachage de cheveux soit classé au même titre que les coups de poing ou de coude. Pourtant, cette classification se justifie par la douleur potentielle et la force employée. Arracher les cheveux est considéré comme susceptible de provoquer une gêne et un choc, ce qui correspond à la définition d'un acte violent.

Le règlement stipule qu'une faute est commise lorsqu'un joueur tire clairement et violemment les cheveux d'un adversaire. Everton a plaidé en appel que Keane n'avait pas été victime d'une telle violence, mais cet argument a été rejeté. Dans le cas de Martinez, la réaction de Dominic Calvert-Lewin – sa chute et le fait qu'il se tienne la tête – pourrait compliquer davantage sa défense.

Un autre facteur clé est que de tels gestes ne relèvent pas des tentatives légitimes de jeu de balle. Même lors d'un duel aérien, tirer les cheveux n'est pas considéré comme une action litigieuse. Comme l'indiquait l'appel de Keane, ce comportement dépasse le cadre des contacts normaux au football et peut donc être qualifié de violence.

Il existe néanmoins un sentiment croissant que le cadre actuel est peut-être trop rigide. Certains incidents paraissent bien moins graves que d'autres, et pourtant, ils sont tous traités de la même manière. Cela a suscité des appels à la révision, notamment l'idée de créer une catégorie distincte pour les tirages de cheveux, permettant ainsi de moduler les sanctions en fonction de la gravité – pouvant aller d'un à trois matchs.

Martin Graham est un journaliste sportif MFF

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