Par Martin Graham
Manchester City's Les dépenses estivales ont déjà dépassé les 150 millions de livres sterling, mais l'arrivée la plus importante ne se fera peut-être pas sur le terrain. En juin, Pep Guardiola a recruté Pep Lijnders, ancien assistant principal de Jürgen Klopp à Liverpool – comme son nouveau bras droit. Même si Lijnders ne jouera pas une seule minute, sa présence signale quelque chose de plus profond : une réinitialisation stratégique à Manchester City.
Lijnders était au cœur des méthodes d'entraînement de Klopp et a fortement contribué à peaufiner le pressing et le style d'attaque vertical qui ont défini l'identité moderne de Liverpool. Son arrivée à City suggère que Guardiola se prépare à s'éloigner de ses propres principes fondamentaux, façonnés par une décennie et demie de domination positionnelle. Ce recrutement n'a peut-être pas fait grand bruit, mais il marque un potentiel changement de philosophie au sein de l'un des clubs les plus sophistiqués d'Europe sur le plan tactique.
Bien que les idéologies footballistiques de Guardiola et Klopp aient souvent été présentées comme opposées – l'une ancrée dans la structure et le contrôle, l'autre dans l'intensité et le chaos – la vérité se situe quelque part entre les deux. Leur parcours commun en Premier League a vu une influence mutuelle se dessiner : la tactique de Klopp privilégiait davantage le contrôle, tandis que celle de Guardiola évoluait pour répondre aux exigences physiques du football anglais.
Cela dit, l'accent mis par Lijnders sur les transitions rapides et le pressing agressif diffère fondamentalement de la traditionnelle construction patiente de City. Son arrivée laisse entendre que Guardiola voit le jeu évoluer et qu'il est prêt à évoluer avec lui.
Du jeu positionnel au rythme et à la transition
S'exprimant plus tôt cette année, Guardiola a offert un point de vue inattendu. « Le football moderne, c'est celui de Bournemouth, Newcastle, Brighton et Liverpool », a-t-il déclaré à TNT Sports. « Le football moderne n'est pas basé sur le positionnement. Il faut suivre le rythme. » Venant d'un entraîneur qui a contribué à définir le jeu de positionnement moderne, cette déclaration souligne un changement radical de cap.
Les chiffres confirment cette évolution. La part de possession de Manchester City est passée de 65.5 % en 2023-24 à 61.3 % la saison suivante. Simultanément, le nombre de contre-attaques a augmenté de plus d'un tiers. Plutôt que de toujours chercher le contrôle par des passes courtes, City a préféré contourner complètement la pression, souvent avec des ballons longs et directs. Ederson ou des courses en avant de joueurs plus récents et plus dynamiques.
La signature de janvier Omar marmoush a marqué un tournant majeur dans cette évolution. Son style, plus direct et moins dépendant de combinaisons complexes, a donné un premier aperçu de ce à quoi pourrait ressembler un City renouvelé. Recrues estivales Rayan Cherky et Tijjani Reijnders suivi, tous deux connus pour leur dribble et leur capacité à transporter le ballon dans les zones centrales plutôt que de recycler la possession.
Comparés aux milieux centraux les plus utilisés par City la saison dernière, ces nouveaux joueurs se classent nettement mieux dans des indicateurs tels que la progression des courses et les tentatives de dribbles. Cela indique clairement que l'accent n'est plus mis sur des triangles de passes précis, mais sur l'élan, la prise de risque et la verticalité.
Ce pivot tactique est encore accentué par l’arrivée de Rayan Aït-NouriAlors que City a récemment privilégié le déploiement de milieux de terrain ou de défenseurs centraux en défense latérale pour maintenir la structure de son poste, Ait-Nouri s'écarte de cette philosophie. Figurant parmi les défenseurs les plus offensifs d'Europe, il apporte dribbles, pénétration et efficacité.
La saison dernière, Ait-Nouri figurait parmi les meilleurs du championnat dans plusieurs indicateurs avancés pour les latéraux : deuxième au classement des dribbles réussis, parmi les trois meilleurs contributeurs aux buts, et parmi les meilleurs pour les passes décisives attendues et les passes décisives dans la surface adverse. Son recrutement témoigne d'une concentration réduite sur le contrôle du milieu de terrain et d'une plus grande ouverture à l'improvisation et à la vitesse.
Guardiola n'est pas étranger à la réinvention, mais sa collaboration avec Lijnders pourrait bien être la plus importante à ce jour. Les supporters de Manchester City se posent désormais de nouvelles questions : comment ces attaquants verticaux cohabiteront-ils ? Quelles conséquences cela aura-t-il sur le style habituel de City ? À l'approche de la nouvelle saison, l'équipe de Guardiola semble se diriger vers une direction inconnue, mais fascinante.

