L'instabilité de Chelsea sous la direction de BlueCo plonge le club dans la tourmente.

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Par Martin Graham

 

Chelsea La décision de limoger Liam Rosenior après seulement 106 jours à la tête de l'équipe souligne le désordre persistant engendré par le groupe propriétaire du club, BlueCo. Initialement présentée comme le fruit de leur structure multiclubs, l'arrivée de Rosenior en provenance de Strasbourg en janvier, pour remplacer Enzo Maresca, était censée symboliser une progression interne. Au lieu de cela, elle a mis en lumière les risques liés au fait de confier les rênes d'un environnement complexe et exigeant à un entraîneur relativement inexpérimenté.

Cette nomination a placé un entraîneur de 41 ans à un poste qui s'est révélé difficile, même pour les plus expérimentés. La pression et les attentes qui pèsent sur Chelsea ont toujours eu raison des dirigeants, et le bref passage de Rosenior à la tête de l'équipe n'a pas fait exception. Malgré un potentiel certain pour l'avenir, cet épisode risque de marquer durablement sa carrière.

Son départ s'ajoute à une liste croissante de changements d'entraîneurs, exacerbant les tensions entre la direction du club et ses supporters. Les protestations et le mécontentement des fans se sont intensifiés, d'autant plus que le club continue de rencontrer des difficultés sur et en dehors du terrain.

Le dernier acte de Rosenior — une critique publique de ses joueurs après une défaite 3-0 à Brighton — est intervenu au milieu d'une série de cinq défaites consécutives en championnat sans marquer, une situation inédite depuis 1912. Son départ marque peut-être la fin d'un chapitre, mais il ne contribue guère à résoudre les problèmes plus généraux du club.

Une chute spectaculaire après un succès récent

Lorsque BlueCo a finalisé son rachat pour 4.25 milliards de livres sterling en mai 2022, Chelsea était en position de force. Le club avait terminé troisième de Premier League sous la direction de Thomas Tuchel et figurait parmi les cinq premiers depuis sept saisons consécutives, après avoir remporté la Ligue des champions l'année précédente.

Depuis, la trajectoire du club a radicalement changé. Au lieu de concourir au plus haut niveau, Chelsea lutte désormais pour obtenir une qualification européenne, quelle qu'elle soit, ce qui aurait des conséquences financières importantes en cas d'échec.

Sur le plan financier, la situation s'est également aggravée. Le club a enregistré des pertes avant impôts de 262 millions de livres sterling début avril, un record en Premier League. Ce chiffre dépasse le déficit de 197.5 millions de livres sterling de Manchester City en 2011, malgré des revenus de 490.9 millions de livres sterling pour Chelsea, l'un des plus élevés de son histoire.

Ce déclin sur le terrain s'est accompagné d'une instabilité en coulisses, éloignant considérablement Chelsea de la régularité qui le caractérisait autrefois.

Dépenses importantes mais manque de direction

Depuis sa prise de contrôle, BlueCo a investi environ 1.5 milliard de livres sterling dans de nouveaux joueurs, ciblant principalement de jeunes talents liés par des contrats à long terme. Cependant, ces dépenses considérables ne se sont pas traduites par la stabilité ni le succès.

Le nombre d'entraîneurs a été sans précédent. Tuchel a été limogé moins de 100 jours après le rachat du club, suivi du départ de Graham Potter sept mois plus tard. Frank Lampard est brièvement revenu comme entraîneur intérimaire avant l'arrivée de Mauricio Pochettino, qui a quitté le club après une seule saison. Le mandat de Maresca s'est achevé en janvier, moins de six mois après avoir remporté la Coupe du monde des clubs et la Ligue de la Conférence de l'UEFA.

Le départ de Maresca serait dû à des tensions avec la direction du club, notamment des désaccords sur la composition de l'équipe et les décisions prises pendant les matchs. Ses déclarations publiques concernant son mécontentement interne après une victoire contre Everton ont révélé des problèmes plus profonds, qui ont finalement contribué à son limogeage.

La nomination de Rosenior constituait une nouvelle tentative de réorienter la stratégie, mais elle a rapidement échoué. Ce cycle incessant d'embauches et de licenciements témoigne d'un manque de stratégie cohérente et soulève des questions quant à la prise de décision au plus haut niveau.

Des questions se posent quant au leadership et à l'orientation future.

Les critiques se tournent de plus en plus vers les dirigeants plutôt que vers les entraîneurs eux-mêmes. L'ancien joueur Pat Nevin a souligné que la fréquence des changements rend difficile de blâmer individuellement les entraîneurs, surtout après quatre ans et 1.5 milliard de livres sterling dépensés sans progrès notables.

Il a également mis en lumière un problème structurel : les managers semblent avoir des responsabilités sans pour autant disposer d’un contrôle total, notamment en matière de recrutement. Rosenior, à l’instar de ses prédécesseurs, a travaillé avec des joueurs qu’il n’avait pas sélectionnés, ce qui confirme l’idée que les entraîneurs principaux n’ont qu’une autorité limitée.

Pour le reste de la saison, Calum McFarlane assure l'intérim, avec pour mission de mener l'équipe en demi-finale de la FA Cup contre Leeds United et de tenter d'obtenir une qualification européenne.

À l'avenir, Chelsea devra relever un défi de taille : attirer un entraîneur de haut niveau. Des noms comme Xabi Alonso, Andoni Iraola, Cesc Fabregas et Marco Silva ont été évoqués, mais chacun d'eux correspond à un profil qui pourrait dissuader les entraîneurs de rejoindre un club actuellement marqué par l'instabilité.

Chelsea finira par nommer un autre entraîneur, mais le poste n'a plus le même attrait qu'auparavant. La responsabilité de ce changement incombe entièrement à BlueCo, dont l'approche n'a pas encore permis d'atteindre la stabilité promise.

Martin Graham est un journaliste sportif MFF

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